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assis là sur un banc


  • beauté triste de la résignation

      pas d'arbre sur cette route
    ni de route en cet espace, d'ailleurs
    un oiseau de malheur me confond avec le ciel, en ce miroir
    descendant, le miroir ascendant, marcher sur le pied d'une ombre cependant
    "j'en n'ai pas fait exprès", se défend-elle



    lumière suprême, lumière de fond, sœur lumière
    des p'tits pipis par ci par là, que l'on relâche dans la nature
    je garde quelques dents pour toi, la langue éteinte
    la pluie sous son palto dressant le portrait d'une ville



    il fait beau tout le temps désormais, même quand il pleut maussade
    autrement dit il pleut tout le temps, jusqu'au cœur de la canicule
    on s'habitue
    à rien. à être sans que cela ne porte
    à conséquence. on s'achète un troupeau, on se rend inutile
    seul jusqu'à l'au-delà, un peu plus haut encore



    touche à sa fin, laquelle moite, et caresse un poteau
    il va faire jour c'est sûr il va faire jour - que pourrait-il faire d'autre ?
    je ne pensais pas qu'aller nulle part aboutirait à cette éternité-là, d'un regard surplombant
    la douleur ancestrale
    20 juillet 2026

  • l’homme sans saigner d’dans

      selon ce que l'on traîne
    d'éros et de poussière
    les p'tits trucs à languette, la mort de passer-l'boire
    selon ce que l'on brame
    de foison et de vide
    l'un périt l'autre demeure, plus que jamais tremblante



    il a raison, celui qui recule de cent pas, ou monte sur un tertre
    il a raison même si raison ne fait guère sens, et peut-être qu'un arbre
    cache l'arbre, ou le contraire
    ou le contraire précisément



    les peuples de la terre, les oiseaux sur la mer
    de tout âge, de toutes race et condition
    les plumes de surcroît, en prévision de rien
    alors ne m'appelle plus untel, untel ou unetelle, ne m'appelle plus
    je n'ai pas assez de vide en moi pour taire toute la douleur
    ni crier tant la douceur



    chien contre toute espérance, ménage tes fuites
    je ne sais pas. tu passes près de moi comme on frôle la mort, s'enfonce
    en sa propre ombre
    il suffit d'un kopeck, d'un pile et d'une face, il suffit de trois yeux pour enfin
    se rendre aveugle à soi



    sur un chemin fuyant, un chemin d'une seule traite
    et si vide aussi, par quel bout qu'on le prenne
    et si vide aussi, parce que d'une seule chaussure
    l'autre je l'ai perdue - le courant, probablement
    ou même l'immobilité, plus imprévisible encore



    la couleuvre n'a pas de dent
    et l'heure soixante minutes
    entre le début et la fin rébus
    entre la fin et le début je ne ramasserai plus promis
    de balles perdues...
    17 juillet 2026

  • la vie d’un vide est claire

      tout le fond s'est blotti dans une barque
    du coup la barque n'avait plus sur quoi flotter, sur quoi naviguer
    tout le fond a sauté de la barque du coup la barque suspendue
    virant de bord, coulant à pic
    et morte d'inquiétude



    l'aguicheuse devant, derrière et au milieu, des papillons dans les ch'veux
    passionnément indifférent, je passe mon chemin - allez vas-y, passe mon chemin
    de toute façon j'pleure au milieu, devant sur les côtés, j'pleure de tout bord allez vas-y, crame ces haillons



    là tient toute la différence. montre-moi les mains vides, le vide
    fait toute la différence. elles caressent le chauve. l'humide mais le chauve
    comme un quatorze juillet tout à coup tombant et s'affalant
    sur un commun mardi...



    le verre à moitié verre, un reste d'homme divague
    tu la vois venir de ce côté-ci, chagrine. ou de ce côté-là, miskine - le verre à moitié nu, le vide à cours de chance
    et d'argument
    un phénix en papier



    personne à la porte, personne à la fenêtre, et le qi distrait
    penser à rien, à rien durant le rien, avec une certaine insistance
    se démettre une épaule, un pan de vitre, ne réagir nullement
    à l'absence d'issue - ça fait déjà pas mal pour une journée
    ça fait déjà pas mal, pour une vie entière
    14 juillet 2026

  • tu t’habilles comme tu veux, le nu vibre en haut lieu

      tiens, montre-moi ta main. montre-moi
    ce que tu as dans ta main. ne cache rien
    ou seulement en pensée, dans le fond de ta pensée, cache ta main, ta main avec
    tout ce qu'elle contient, ou ne contient pas - montre-moi le vide le grand vide
    de ta pensée



    je me cache sous une feuille. une feuille c'est exactement ça. ça me brûle les doigts
    il me manque deux doigts, deux doigts sur le milieu, plus un sur le côté
    un pouce me suffira, certainement me suffira
    et le bruit de la mer...



    je me promène trop vite. l'angoisse de rentrer me submerge. est-ce qu'elle submerge, l'angoisse ?
    non, je ne pense pas
    je ne pense pas assis je ne pense pas debout. je m'allonge sur la pensée et là je rame avec mes deux petites paumes tendues
    est-ce qu'elles rament, mes deux petites paumes ?
    non, je ne pense pas



    un humain de travers, qui pousse de travers, pour un pet de lumière
    j'ai perdu mes lunettes, je ne sais plus aller. un humain de plein pied s'allonge à travers champ
    Ai Aso penchée sur lui murmure un chant funèbre un chant
    systématiquement funèbre. si funèbre soit-il



    il mange du cheval et boit de la limonade. c'est un enfant timide, un enfant recroquevillé
    la terre fume la carpette, le ciel pompe toute la pluie. il fait si froid dedans, dedans, cible du froid
    l'horizon malgré tout, l'horizon coûte que coûte
    11 juillet 2026

  • marie-trottinette

      c'est marie - elle va toujours en trottinette
    j'éjacule un peu partout, mais jamais où il faudrait, c'est bête. ou triste. ou triste et bête, par la même occasion
    elle m'attrape par les cheveux. du coup je prends soin auparavant de me raser le crâne



    cadenassé ça se passe comment - je regarde les nuages ils disent qu'il va pleuvoir je regarde les nuages
    il ne pleut toujours pas.
    ça serait pas mal de se tuer ça ferait vivant, ça ressemblerait à quelque chose enfin
    mais on ne sait que survivre. on n'a rien appris d'autre



    la galère a une morte de plus, on la cache entre nos jambes
    raide corde, ça fait quand même quelque chose je sais pas
    une émotion. une tension.
    mais les premiers les derniers. et seuls ceux qui refusent et s'obstinent
    à demeurer derniers



    je me raconte des histoires okay tu te racontes des histoires, on se raconte des histoires
    on se serre on se secoue on se tord les boyaux
    on se tue par pure nécessité.
    soudain je m'envole. avachi là mais je m'envole : en fait c'est juste
    l'univers qui coule, collapse, s'effondre
    un soir de bruine



    l'amour n'est pas mort, c'est simplement le mort
    qui n'bande plus
    se tire la peau du zob là
    jusqu'à ce que ça craque.
    la mer quant à elle reste calme. elle en sait trop
    et tant qu'elle ne s'agite pas, elle reste calme, la mer...
    8 juillet 2026

  • micro-vulve, océan pacifique

      il n'y a pas d'homme dedans, il n'y a pas d'homme devant - micro-vulve, océan pacifique
    tourne en rond, tourne en rond dans le sens de l'infini sauf que
    tout à coup
    l'infini brise le cercle



    j'avais une vache. pas de moteur mais une vache, une
    simple vache.
    j'avais un train. pas de rail mais un train, en avance sur son retard.
    je ne crevais pas de misère - j'existais voilà tout, débordant du néant



    je te caresse le cheval tu me lâches la bride. on se retrouve quelque part, le long de je ne sais quoi plus ou moins liquide, plus ou moins fluide
    le puits c'est sans détour, et cependant si superficiels au bout du compte, nous contentant de vivre sans saisir vraiment
    ce qu'on entend par là



    la vie à côté de la vie, comme quelque chose de mort mais qui remue un peu, tandis que
    l'éternité glisse, se répand. j'ai cassé ma mine,
    déchiré ma feuille de dépit, j'ai cassé mon crayon.
    être beau sans l'savoir, parfois. être beau sans l'vouloir



    j'ai deux grenouilles en moi - une sur le poumon gauche, qui s'occupe du cœur notamment
    et une sur le droit, juste au-dessus du foie.
    on ne croit en dieu que quand on ne croit en rien, jusqu'au bout et même un peu plus loin
    le reste du temps on flemmarde, on tapine de ci, de là...
    3 juillet 2026

  • monter sur le corps d’un-e autre

      un loin dans le loin, un grincement
    au niveau de la balançoire. on ne se touche pas
    on reste là, l'un face à l'autre, mais surtout on ne se touche pas
    on s'efforce de ne pas couler, l'un face à l'autre



    il est impossible d'être seul au monde
    impossible d'être seul cause notre irréductible solitude
    toujours un manque de soi. une barrière
    un cheval de Troie alors que Troie n'existe pas
    un cheval d'e Troie à la porte de Nogent, un cheval sur trois pattes



    la condition ou le déclin humain, ne pas tomber amoureux
    se retrouver seul devant sa teube, face à son trou - on se demande par quel chemin
    il fait sombre. il pleut quoi qu'on en pense
    on écoute les sons, afin de conjurer le temps croit-on



    rien d'un homme, rien d'une femme
    et rien d'un animal
    je crache dans mes mains. tous mes trous crachent dans mes mains
    je m'appelle un trou, une fuite ou l'idée vague. depuis ma mort au moins
    ma mort en tube



    rien ne se passe
    dame-pipi son prénom muet, son accent fluet
    un jour tout nous quitte. pas plus tard que le lendemain, c'est à notre tour de tout quitter
    un homme ne meurt pas pour rien - un homme meurt parce que rien
    comme on pisse à côté, le vent venant de là
    2 juillet 2026

  • entre la mer et le tympan

      respire
    une fois l'amour ou ce qui en fait
    pale figure éteint, respire
    ne te souviens de rien ou bien d'un
    simple paysage. le paysage n'enferme pas. demeurer
    à l'intérieur de soi, certes mais jamais
    enfermé, jamais estropié d'un
    au-delà, si bancal fut-il



    à la place d'un homme, de la tête d'un homme, on aurait mis une courge
    évidée. une tiare
    une casquette à bas prix chinée sur le marché de l'Aigle
    chaque mardi
    oui mais moi les mardis j'suis mort
    ou je me gratte. ou je m'endors. oui mais moi les mardis gras
    les mardis maigres



    j'me dis allez vas-y, casse ta noix
    bascule du côté où tu es sûr que personne, jamais
    ne t'aimera
    ni ta mère ni ton fils
    ni la moule aubépine
    j'ai juste envie d'aller me balader, ni trop loin ni trop près
    de chez moi, j'espère



    chez moi n'existe pas. il lève les bras on lui fait des guilis ça ne le
    fait aucunement réagir. j'abrite un arbre, penché
    j'abrite un arbre j'abrite une souche, je me dis que c'est pas mal pour aujourd'hui, je me dis
    j'abrite un rêve et on verra, penché



    ce matin j'ai bâton, quand ce matin tout brume et tout brouillard
    j'espère être mort des mains de quelque chose, voire même de quelqu'un
    par exemple je penche la tête de côté, et rien ne s'interpose
    entre la mer et le tympan -
    d'où l'accent grave...
    29 juin 2026

  • field commander ali passe la troisième

      quelque chose ou la nuit, encore, fait mine de m'effacer
    j'aspire l'écho frileux des brumes - en moi se noie gris l'océan
    j'y pense, mais de façon si maladroite, et malencontreusement
    à la fin le lit s'étire : je reste nu, sans un contentement



    quelquefois oui mais parfois, sans faire attention, presque par mégarde
    je m'achète une distinction, à bas prix comme on dit, je m'achète un dollar vide
    je sais que je ne ressemble à rien. en tout cas pas à ça, qui s'éloigne titubant, titubant au-dedans



    un rivage désuet. des cailloux qui font pshit
    la mer ricochant sur un point d'horizon - à ne pas confondre avec celui d'alençon
    faire le tour du néant ne m'aura rien appris. j'ai mangé ma chanson



    de jolies dents. de celles que l'on casse quand on n'a rien à faire, poupée sur le déclin
    il y a un œil pour ça. il ne cligne pas. ne se rend pas à la salle de sport une ou deux fois par semaine - le mardi et le vendredi, par exemple
    il pense que s'il est mort, il n'a absolument aucun moyen de le savoir, ni même de s'en apercevoir



    c'est la dernière fois que je te regarde. la toute dernière fois
    l'ascension ne se fait pas en hélicoptère. pas d'autre aile au christ que les bras d'une croix
    croix de bois croix de fer, tu reprendras bien une bière. il fait souvent froid ici. froid et pluvieux. même en hiver
    26 juin 2026

  • fatal sentimental

      qui se ressemble se touche le visage et se demande: est-ce bien toi?
    ailleurs se serre les coudes, essuie-glace sur pare-brise en panique
    un sourire m'accroche, moi qui ne sais sourire, pince les lèvres et rentre tout au fond de ma bouche
    je retourne à la montagne - un sac une gourde
    et l'huître de grand silence...



    il se fout des claques dans la glace, sans en ressentir la moindre onde de choc sur la joue. je ne sais pas comment il s'y prend
    des choses ayant commencé au tout commencement des choses échouent finalement là, à la seconde où l'on y pense
    le poisson fondamental n'y entend rien, se mettant à couvert sous son
    parapluie anthracite



    lâche-moi l'couille s'il te plaît, gambade en la carrière
    je me dis tu tu me dis il, on se dit ça tout l'temps, entre deux courses longues. il
    ne revient de nulle part, manches tombées, la vulve retroussée



    secoue l'arbre secoue l'arbre - n'en tombe que l'écho, d'un vide substantiel
    s'il meurt avant toi soigne son corps, couvre son corps, enterre-le profond
    si tu meurs avant lui ouvre-lui le chemin, avec ta lampe-torche, tes petites mains blanches
    tu n'auras plus besoin de ton sextant



    la vache qui me pèse me soulève d'une main. et c'est lourd à porter, une main...
    un sommeil malgré moi. on se parle à deux, comme si l'on ne s'était jamais rencontré, comme si jamais la nuit tombée
    sur une seule épaule
    répondait à la nuit jamais tombée
    sur l'épaule opposée...
    23 juin 2026

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